L’Affaire McGill

Rien de nouveau à l’ouest ? Que nenni ! Un polar écrit pendant la période de pandémie qui sortira dans le courant du mois de novembre 2022, si tout va bien. L’occasion de respecter la tradition avec la véritable fausse interview.

Couvertue McGill

Très à l’ouest…

Après quatre années sans nouveau livre, le mois de novembre 2022 verra enfin pour l’Europe, la sortie de mon nouveau roman, L’Affaire McGill, un Thriller palpitant ayant pour décor l’Ohio et la ville d’Ashland dans le Midwest des États-Unis

Découvrez en exclusivité ci-dessous l’interview accordée au Ashland Independent Journal et à son journaliste littéraire Bob Woodward qui m’a reçu en juillet de cette année dans ses locaux sur Main Street, pour la sortie nationale de mon roman aux États-Unis.

Bob Woodward (Ashland Independent Journal)

Bienvenue Bernard Baudour à Ashland et merci pour cette exclusivité avec la sortie de votre dernier roman, L’Affaire McGill, qui se situe dans notre bel état de l’Ohio, entre Ashland, Columbus et Cleveland. Je rappelle votre parcours, vous êtes Belge, vous avez déjà publié trois romans qui ont connu un véritable succès auprès du grand public, vous êtes un auteur apprécié sur le vieux continent, vous aimez les boulets à la liégeoise – vous nous expliquerez ça (Rires) – et la bière.

Pourquoi, et vous avez mille fois raison car c’est un grand honneur pour notre communauté, pourquoi avoir choisi Ashland comme décor de ce thriller ?

Bernard Baudour
Bonjour Bob et d’abord, merci de me recevoir.

BW C’est moi.

BB Non, c’est moi.

BW Non, c’est moi, je vous assure.

BB OK, c’est vous. (Rires). J’avais envie de changer d’air. Vous savez, les trois années que nous venons de traverser n’ont pas été de tout repos, surtout en Europe. Nous subissons maintenant les contrecoups de la pandémie ainsi que ceux de la guerre en Ukraine. J’ai pensé que les grands espaces me permettraient de m’évader et permettraient à mes lecteurs de faire de même. J’ai choisi cette région pour la proximité des grands Lacs, des chutes du Niagara, et aussi parce qu’elle n’était pas trop éloignée de New York et de Washington, les lieux où ont vécu les deux policiers principaux de cette affaire McGill.

BW Parlons-en de cette affaire McGill dont les critiques sont dithyrambiques. Je ne citerai que le Woshington Post : « Bernard Baudour nous offre un polar brillant, captivant et sans fioritures » et le Tumes :  « Son écriture est magnifique, à la fois ample, nerveuse, précise, ciselée, saccadée… On dirait un grand classique américain, presque du Faulkner ! »
Pas mal pour un petit belge non ?

BB Vous savez, oui ça fait plaisir, même si une critique n’est jamais objective, chaque lecteur ressentant des choses différentes pour un même livre.

BW Disons quand même que c’est bon signe. (Rires)

Photo de Main Street à Ashland dans l'Ohio
Main Street Ashland – Ohio

L’histoire donc se déroule à Ashland où est retrouvé, un matin, le corps sans vie d’un avocat en vue, Everett McGill écrasé par un train de marchandises. Au début, on retrouve des indices importants qui font penser au suicide mais très vite, les conclusions du Coroner penchent vers la thèse du meurtre. On ne quitte plus alors les deux enquêteurs, le Shérif Sam Coolidge et son adjointe Marge Gunderson et leurs relations que je peux qualifier de tumultueuses pour aller jusqu’au dénouement surprise de ce thriller passionnant.

Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise avec laquelle vous nous emmenez dans un monde sans certitude, ni blanc ni noir mais gris, à l’image de cette superbe première de couverture. Un homme qui marche dans la brume, cet homme pourrait être l’avocat McGill marchant vers son destin, mais il pourrait être chacun d’entre nous. Est-ce cela votre recette, jouer avec l’ambiguïté de vos personnages, ni vraiment bons, ni vraiment mauvais, toujours entre les deux, parfaitement imparfaits ?

BB C’est exact. Personne n’est totalement blanc ou totalement noir. On a tendance à l’oublier quand on n’écoute que les infos en continu. On a trop tendance à nous présenter une vision manichéenne du monde où l’on désigne les gentils et les méchants. Le monde est complexe et comme disait un ami à moi, méfions-nous du bon sens. Tout n’obéit pas au bon sens, malheureusement. Je pense que c’est pour cela que j’ai voulu m’éloigner le plus possible du roman psychologique, même si ce genre de roman est quelque chose que j’apprécie beaucoup en tant que lecteur et aussi en tant qu’auteur. Mais cette fois, j’ai voulu ne m’attacher qu’aux faits, qu’aux actions des personnages et pas à ce qu’ils pensent, pas à leurs angoisses, leurs justifications, leurs indécisions. Je n’ai pas voulu les juger, dévoiler leur vérité que d’ailleurs je ne connais pas et qu’eux-mêmes ne connaissent pas. Je me suis dit, voyons comment le shérif Cooldige se débrouille avec les éléments tangibles qu’il a à sa disposition. Voyons aussi comment il vit sa vie d’homme célibataire, quelles sont ses relations avec son adjointe, Marge, une Afro-Américaine au tempérament de feu, ultra-professionnelle, et ultra-femme du vingt et unième siècle.

Train de la Railway Company - Ohio
Train de marchandises de la Railway Company – Ohio

BW Parlons-en des femmes de ce roman. Elles sont omniprésentes. L’adjointe du shérif vous le disiez, mais aussi la femme du maire, la secrétaire de l’avocat, l’amie de la femme du maire, sont autant de portraits croqués au couteau de ces femmes d’aujourd’hui, rebelles et révoltées contre le machisme encore bien présent dans l’Ohio que vous décrivez. Vous avez clairement choisi votre camp.

BB Vous savez, je ne sais plus qui disait : les tueurs en série sont toujours des hommes, jamais des femmes. Les femmes ne tuent jamais sans une très bonne raison. Alors oui, j’ai choisi le camp des femmes, celles qui sont battues, bafouées, violées, tuées et qui souffrent encore tous les jours et pas seulement dans des pays lointains mais aussi chez nous en Belgique et chez vous, dans l’Ohio. Je ne les trahis pas, je n’écris pas ce qu’elles pensent. Je répète simplement ce qu’elles disent et je décris leurs passages à l’acte, leurs décisions, pour le meilleur et pour le pire. Mais tout cela n’apparaît qu’à la digestion, si on prend le temps de regarder un peu plus loin au-dessus de mon épaule. Sinon, à la première lecture, cela reste un pur Thriller à énigme, avec pas mal de femmes, oui, mais un Thriller.

BW Chez vous, c’est finalement toujours la femme qui domine au propre comme au figuré, comme cette scène assez torride entre Marge et Sam dans la villa de Cleveland au bord du lac Erie.

BB Marge veut prendre le dessus sur la vie et sur les hommes de sa vie. Et l’on peut dire qu’elle s’y prend plutôt bien. Cette parade amoureuse, totalement instinctive entre deux êtres qui s’attirent détourne le regard du lecteur. C’est le genre de break qui existe dans la vraie vie.

BW Vos personnages masculins ne manquent pas non plus de piquant. Je pense surtout à l’autre avocat, William Cox Senior : l’avocat le plus célèbre du barreau de Columbus.

BB Oui, celui-là me fait beaucoup rire. Il est digne, très classe, très british dans son attitude, rien ne l’énerve, même pas son fils qu’il doit sortir de prison. Tout problème trouve sa solution et surtout, tout cas désespéré est une aubaine pour un brillant avocat tel que lui. Grand ami du gouverneur, sa carrière ne connaîtra pas de limite. Je l’adore.

BW Vous semblez bien connaître la région. Le nom des rues et même la description des maisons sont tout à fait exactes. Vous êtes venu souvent à Ashland et à Cleveland ?

BB Jamais ! C’est la première fois. Je travaille un peu comme un grand auteur de chez nous, Hergé, le papa de Tintin qui se documentait énormément sur les pays où il faisait voyager son héros. Avec beaucoup plus de facilité que lui. Maintenant, la technologie nous permet de voyager à distance sans bouger les fesses de son fauteuil. Mais je suis heureux d’être ici, chez vous. Demain j’irai à Cleveland devant la villa de McGill pour voir si ma description n’est pas trop éloignée de la vérité. (Rires)

BW Je suis certain que vous êtes dans le bon et je ne peux que conseiller aux lecteurs de se précipiter sur votre roman : L’Affaire McGill avec ce sous-titre qui ne dit rien et qui dit tout, Suicide à Ashland. Aux éditions « Of The Mont », notre éditeur de Cleveland qui multiplie les Best Sellers ces dernières années. Une dernière question : quelle est la recette des Boulets à la Liégeoise ?

BB C’est une recette belge de la région de Liège. De la viande hachée porc et bœuf avec laquelle on façonne à la main des boulettes en y ajoutant un peu de pain, d’œufs, de lait, d’échalotes, d’ail, d’oignons selon vos envies. Tout cuit dans une sauce base oignon avec des raisins secs, du lard, des oignons et du sirop de Liège et certainement de la bière, j’allais oublier. C’est une tuerie mais sans tueur. (Rires).

BW Un tout grand merci. Je rappelle votre ouvrage : « L’Affaire McGill » aux éditions « Of The Mont »

BB C’est moi.

BW Non, c’est moi.

BB OK, c’est vous !

Figures de style : acte 3

Oxymore et confinement

Que ce confinement s’éparpille ! Les hésitations de nos dirigeants ressemblent à un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit. Nos gouvernants se hâtent avec lenteur comme des fous normaux aussi efficaces qu’un silencieux tintement de clochettes autour du cou des vaches.

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Car leurs décisions affichent une orgueilleuse faiblesse. Mais souvenons-nous que cette libre servitude, nous l’avons choisie. Nos élus ont voté des pouvoirs spéciaux qui nous enferment aujourd’hui dans une liberté recluse. Pour notre bien… mais que ce bien nous fait mal !*

Un oxymore est une figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoires pour renforcer son propos. Il y en a 10 dans ce texte car « le bien qui fait mal » serait plutôt une antithèse, non ? Mais oui, on s’en fout ! 🙂

Étonnant non ?

Oxymores attribués à Hugo, La Fontaine, Camus, Desproges, Robbe-Griller, et Racine, et d’autres illustres inconnus, dont votre serviteur.

Figures de style : acte 2

Zeugme et Donald Trump

Que de choses n’ont pas été dites sur le 45e président des États-Unis d’Amérique. Mais il me faut rétablir ici la vérité. Mauvais élève, il interrompit très tôt sa scolarité et une partie de tennis à cause d’un ongle incarné. Suite au décès de son père, il vola de ses propres ailes et de l’argent dans le portefeuille de sa mère. Ensuite, il joua de malchance et de la trompette le jour où on lui déroba son piano.

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Alors qu’il sirotait une limonade dans un bar sur la 11e et conscient qu’il n’était pas doué pour la musique, il reprit ses études et un sandwich au crabe. Il finit par une dame blanche et riche en se construisant des tours en béton et une solide réputation. Il tira de nombreux enseignements de cette longue expérience et sur la manche du barman pour réclamer l’addition. Il prêta serment le 20 janvier 2017, une oreille attentive à ses conseillers et cent dollars à sa sœur. Dernièrement, il paraît qu’il a descendu un important chef terroriste et un litre de whisky cul sec.

Je pense qu’ici, j’ai tiré le zeugme par les cheveux et… un joyeux portrait de Donald.

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Le zeugme est une figure de style jouissive comme une pêche un soir d’été. Voilà ce qu’en dit Le Robert : construction qui consiste à ne pas énoncer de nouveau, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine. 

Pour que ce soit plus clair, voici un exemple de Victor Hugo : L’air était plein d’encens et les prés de verdure. 

Un autre anonyme et double : il posa son chapeau, puis la question : voudriez-vous me donner l’heure et un timbre ?

Un dernier très rigolo de P. Desproges : Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.

Étonnant non ?

 

Écrire : Où apprendre à écrire ?

À l’école, bien entendu!

Pour l’instant, cet endroit est encore celui où l’on apprend à écrire. Bien que cette période soit assez éloignée, je pense que ça n’a pas changé.

Cahier d'écriture
De mon temps, on dessinait des courbes entre des lignes pour obtenir des lettres qui correspondaient à des sons. Ensuite on combinait les lettres pour obtenir des syllabes et des syllabes pour obtenir des mots. On créait des phrases, puis des dissertations, puis des romans.

Simple, n’est-ce pas ? Pas vraiment, en fait. Car le problème n’est pas d’aligner des mots mais de les aligner de manière à ce qu’ils forment un texte qui intéresse vos lecteurs.

Où apprend-on à écrire des textes qui plaisent aux lecteurs ?

Notre cerveau a la faculté de réagir aux stimuli de nos sens. La vue est primordiale. Quand une phrase nous stimule, nous mémorisons non seulement les mots qui la composent et même si aucun son ne sort du papier, nous entendons, dans une salle de spectacle à l’intérieur de notre cerveau, sa musique et son chant. Nous captons sa signification mais aussi son esthétique. Le dessin (dessein?) d’un paragraphe n’est pas anodin dans le processus et qui sait si la beauté des courbes d’un B ne nous attire pas plus que les droites d’un V ? (Bernard Baudour, n’est-ce pas plus joli que Valérie Trierweiler ?) Je pense aussi que ce que nous entendons enrichit notre formation. Les chansons, les discours, les débats la complètent. Comme ce que nous sentons et touchons. Une odeur de chocolat préparé par grand-mère lors d’une lecture de jeunesse et la sensation tactile d’une vieille feuille de papier jauni interviennent également dans le mécanisme créatif.

Nos textes correspondront à cette expérience sensorielle engrangée depuis notre naissance. Chacun de nous aura donc sa propre référence, son propre mélange hétérogène unique d’inspiration.

Donc convenons-en, pour écrire, il faut lire. Lire encore et toujours. Lire ce que vous aimez. Et dans une moindre mesure, écouter, toucher, sentir, manger et boire…

Le cerveau reproduira naturellement ce qu’il a appris, sans effort. Quel bonheur !

Ne rêvez pas, je déconne ! Ce sera le sujet de mon prochain article : un don sans technique n’est rien qu’une sale manie.

 

Pour mes mon fans :

Mes influences : Daniel Pennac (la saga Malaussène), Émile Zola (Germinal), Amélie Nothomb (Beaucoup !), Bernard Weber (Les fourmis), Baudelaire (La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur, elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,…), La Fontaine, Brassens, Brel, la choucroute, la Duvel et plein d’autres choses…

Je lis actuellement les misérables en y intercalant d’autres romans (Ce roman est tellement long qu’on pourrait joindre deux continents en alignant ses feuilles). La fluidité de l’écriture de Victor Hugo est pour moi une éternelle source d’inspiration.

Sans oublier Bigflo et Oli ! (De ne pas les écouter, c’est ce que je veux dire, bien entendu…)

Écrire : Le début

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Écrire la première phrase, la seule qui compte vraiment.
Sujet, verbe, complément.
Mais comment écrire ce qui suit ? Pour qui ? Pour quoi ?

Avant tout, pour soi.

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Parce qu’écrire permet l’évasion…
S’évader du quotidien, du monde dans lequel on vit, de la réalité.

 

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Mais aussi parce qu’écrire permet de se prendre pour le Roi… 
Devant la page blanche, vous êtes le Roi. Le Roi de votre univers.
Vous faites et défaites le monde. Vous avez le droit de vie et de mort sur vos sujets. Vous êtes omnipotent.

 

Mais encore parce qu’écrire permet de se soigner.
Se soigner des bobos de la vie. Des petits et des grands. De recoudre ses déchirures.

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Le canal qui relie votre main à votre cerveau traverse votre cœur. Et le liquide qui y circule irrigue vos organes, les fertilise et vous redonne goût à la vie.

Une fois, vous écrivez mais cent fois, vous vous relisez et chaque relecture vous en apprend un peu plus sur la personne que vous êtes. De même, vos lecteurs en vous lisant en apprendront un peu plus sur vous. Ils s’évaderont, se prendront pour le Roi et se sentiront mieux dans leur tête et dans leur corps.

Prochain article : où apprendre à écrire ?

Tous ensemble, soutenons nos hommes politiques pour battre le record de l’Irlande du Nord !

Le 17 février 2011, la Belgique bat le record du monde de la crise politique la plus longue. Dépassant l’Irak, la Belgique atteint à cette date les 249 jours de blocage politique. Le record sera fixé 340 jours plus tard à 589 jours avec la création du gouvernement Di Rupo.

Le 28 août 2018, l’Irlande du Nord bat le record de la Belgique avec à cette date, plus de 589 jours sans gouvernement.

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Ça ne peut plus durer.

Même si le nouveau record n’est pas homologué au Guinness Book, l’Irlande du Nord n’étant pas un état à part entière mais une nation constitutive, il n’a pas lieu de s’en laisser conter. Nos hommes politiques l’ont bien compris et c’est le pays tout entier qui se mobilise pour récupérer ce qui nous est dû.

Depuis le 21 décembre 2018, jour où le Roi a accepté la démission du gouvernement de Charles Michel, nous en sommes donc à 203 jours. C’est un bon début mais n’oublions pas qu’aux dernières nouvelles, le compteur de l’Irlande tourne toujours. Si l’Irlande formait un gouvernement aujourd’hui, nous devrions au moins viser comme objectif le 1er mai 2021. (Elle en est à 862 jours)

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Le challenge est à notre portée.

Nos hommes politiques ont prouvé par le passé leur endurance en blocage politique.

Notons aussi qu’au-delà de l’exploit sportif, cette période est toujours associée à une grande sensation de bien-être dans la population et à de nombreuses économies. Si l’on en croit les analystes, la Belgique se porte mieux sans gouvernement. Le chômage baisse même assez rapidement dans ces périodes fastes (Ex : 8,5 % lors de l’élection de juin 2010, 7 % en décembre 2011 lorsque Elio Di Rupo parvient enfin à former un gouvernement tripartite*), sans parler des indicateurs économiques qui virent au vert à chaque vacance de pouvoir.

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Faut-il dès lors considérer que nos élus sont des incapables ?

Que nenni ! La preuve : ils vont nous permettre de reprendre le flambeau que l’Irlande du Nord nous a dérobé et surtout, ils favorisent une période de croissance et de bien-être. Irons-nous jusqu’à dire qu’ils méritent une augmentation quand ils ne font rien ? La question mérite d’être posée.

Sources :
L’Express – https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-belgique-sans-gouvernement-se-porte-mieux-qu-avant_996839.html
« Elle tourne, et comment ! Sa croissance au premier trimestre 2011 a été supérieure à la moyenne européenne : 1 % contre 0,8 %. Elle était déjà de 2 % en 2010 (1,7 % dans la zone euro) et pourrait, selon le FMI, faire aussi bien cette année. Contre – 3 % en 2009 ! Mieux, le déficit public s’améliore : 3,6 % en 2011 et 2,8 % en 2012, contre 4,6 % en 2010. Au point qu’Yves Leterme, qui continue donc de « gérer les affaires courantes », a tweeté ce mois-ci un message goguenard : « Standard & Poor’s moins pressante. Le travail du gouvernement paie. »
*RTBF : https://www.rtbf.be/info/dossier/chroniques/detail_on-n-est-pas-bien-la-sans-gouvernement-bertrand-henne?id=10237660

 

L’édition papier se porte-t-elle si mal ?

À en croire les dernières nouvelles, l’édition papier se porte mal. Pour preuve, ces trois infos à la une cette semaine : la faillite de l’imprimerie Hélio à Charleroi (qui imprimait notamment les éditions Dupuis), le mariage en France entre Média Participations avec un groupe plutôt en difficulté (Les Éditions de La Martinière, Le Seuil, Métailié, Abrams, Knesebeck…) qui génère des tensions sociales et le journal L’humanité en éternelle perdition et qui appelle au soutien populaire pour le sauver de ce énième mauvais pas.

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Personne n’achète plus de journal ?
Personne n’achète plus de livre papier ?
Personne n’imprime plus rien ?

 

Chaque année plus de titres mais de moins en moins lus !

Bien que du côté production, le nombre d’exemplaires par titre diminue (-6,5 %)[1], le nombre de titres, lui, augmente chaque année (+1,10 %)[1] !

Cela montre la prudence des éditeurs face à un marché en décroissance mais aussi la démocratisation du secteur avec l’arrivée de petits éditeurs ou d’auteurs autoédités qui profitent de la révolution de l’impression numérique et de la diminution des coûts de production.

Or, le lecteur moyen lit de moins en moins. Ou du moins, il lit autrement. Sur les éditions gratuites, sans doute, mais aussi sur les médias numériques. Pas forcément les liseuses mais plutôt les tablettes, les smartphones et les ordinateurs où il se nourrit des réseaux sociaux et des sites d’actualités en ligne. Alors quand il achète du papier, il le fait avec parcimonie et il se tourne vers des valeurs sûres dont il connaît la prose par cœur.

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Recyclage littéraire !

Et les grands éditeurs suivent le mouvement, ils misent beaucoup sur les auteurs qui se vendent. Et donc, l’augmentation du nombre de titres ne signifie pas une plus grande créativité, au contraire, et les auteurs indépendants et les petits éditeurs ont malheureusement tendance à suivre le même schéma : publier des genres connus qui ont fait leurs preuves.

À l’image des autres secteurs de l’économie mondiale, les grands groupes se comptent sur les doigts d’une main : Hachette, Éditis, Gallimard-Flammarion et donc Médias Participations qui vient encore de s’agrandir. Ils ne se contentent plus du livre mais détiennent ou essaient de détenir tous les maillons de la chaîne : la production, la publicité, la distribution et la vente. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Voilà qui ne laisse pas beaucoup de place aux petits éditeurs, malheureusement.

Il leur reste alors à se différencier mais comment ?

Circuit court, pardi !

Des auteurs locaux dans des librairies locales, édités par des éditeurs du coin et imprimés par des imprimeurs du coin, des séances de dédicaces, des animations dans les bibliothèques et dans les centres culturels, dans les écoles (et partout où il y a de l’animation d’ailleurs !), des ateliers d’écriture, des cafés littéraires.

Et varions les genres : la littérature bien sûr, mais aussi les livres pratiques, les recueils, les livres historiques, les supports pédagogiques, les manuels techniques, les guides touristiques, etc. La liste n’est limitée que par notre imagination.

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Lisez local !

 

Source : Le monde.fr, DH.net, lexpress.fr, Rapport statistique SNE, revuenouvelle.be

[1] Chiffres SNE 2017 (Syndicat national de l’édition – France)

Une nouvelle année commence

Une nouvelle année commence. Des gilets jaunes, des stylos rouges, des revendications et des réprobations, des citoyens en furie à cause de l’argent qui coule un peu trop à leur goût dans la vallée des privilégiés et qui laissent leurs parcelles d’oseille asséchées. 

Je lis Victor Hugo et une de ses œuvres majeures, Les Misérables. Ce brave Victor devait avoir pas mal de courage (et de temps) pour coucher sur le papier 5 tomes et des milliers de caractères pour former des mots sur plus de 1 800 pages ! Mais quel roman ! Et comment ne pas le lire en pensant à notre époque. Les révolutions, les guerres Napoléoniennes, la misère, la religion, les luttes de classe, tout y est pour mieux comprendre notre présent.

Car à quoi sert le passé sinon à mieux appréhender le présent et le futur ?

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Et si je me laissais pousser la barbe en 2019 ?

Merci pour ce moment

S’il est des titres que l’on peut recycler à l’envi, celui-ci en est un. J’ai en effet passé un bon moment au côté de mon ami Fabien lors de cette émission sur notre radio locale Libellule 107.8 FM ce lundi 12 novembre 2018. C’est avec une certaine appréhension que je me suis présenté aux studios, juste après le déjeuner, un peu groggy par la digestion d’un repas pris à la hâte mais motivé par l’idée d’en découdre. À quelle sauce allais-je être mangé ? Comment allais-je me laisser happer par cet habile intervieweur et brillant orateur qu’est Fabien Dumont ? Parviendrait-il à mettre en lumière, à la façon du Caravage, les coins les plus obscurs de mon tableau ? Et surtout de quoi allions-nous bien pouvoir parler, ma vie n’intéressant a priori que moi et encore ?

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Le filou commença par me lancer quelques fleurs, insistant sur ce tournant dans ma carrière professionnelle qui m’a permis de m’épanouir dans le théâtre et l’écriture. Son panégyrique pourra me servir d’oraison funèbre, sans conteste, et je conseille à mes enfants d’en prendre soin pour le ressortir au moment où la camarde m’aura rattrapé. À la fin de ce discours d’ouverture, je compris que j’aurais du mal à me cacher derrière des entourloupes salvatrices et que pour satisfaire le bonhomme, j’aurais à enlever quelques couches d’oubli (pas toutes) qui protègent ma mémoire. Ce coquin aborda ma prime jeunesse et mon adolescence, cherchant sans doute à soulever d’affreux scandales ou à réveiller de sombres compromissions. Il n’en fut rien – hélas pour la canaille et fort heureusement pour moi – et je sus garder secrètes mes plus ténébreuses affaires. Un tube maladroitement détruit, quelques anecdotes bancales sur de primes amourettes et un concert raté furent tout ce que je lui mis sous la dent. J’exagère : il y eut bien quelques confessions sur mes réussites sentimentales et sur l’intime conviction que j’ai qu’il faut rester soi-même, peut-être parce que j’ai trop cherché à être un autre. Que ce secret découvert tardivement permet de séduire, même si parfois on doute ou si rien ne vient en retour : le plaisir de faire ce que l’on aime supplante toutes les déconvenues.

Alors oui, merci pour ce moment et pour votre talent, Monsieur Dumont ! Car il sied de vouvoyer son interlocuteur. Et bravo pour cette émission Entre Nous bimensuelle qui mérite de se brancher sur libellule FM ce que je ferai dorénavant un lundi sur deux entre 14h et 15h.

Voilà cette brillante introduction…

Logo Libellule FM

« Entre nous » – Émission du 12 novembre 2018

Invité : Bernard Baudour

Refuser une vie trop pépère, top linéaire, trop ennuyeuse, trop monotone, trop « petite bourgeoise ». Donner un grand coup de balai, claquer la porte, tourner la page, prendre un virage à 180 degrés. Oser changer, même si c’est par la force des choses. Changer d’amour, de métier, de maison, et même de loisirs. Changer de costume. Être différent tout en restant le même, fidèle à soi. Bifurquer sans dérailler. Explorer de nouveaux horizons sans bouger de chez soi. Se découvrir des dons qu’on ne soupçonnait pas. Devenir artiste – peut-être un peu par hasard ? Créer soudain. Se jeter pour de vrai dans le monde de l’édition et dans celui du théâtre. Écrire des romans, monter sur les planches et incarner pour du faux des personnages haut en couleur. Faire les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux. Faire du mieux que l’on peut, et faire de mieux en mieux. Progresser. Commencer peut-être bien à avoir une certaine ambition ? Sourire, puis faire rire. Puis sourire pour faire rire. « C’est une étrange entreprise que de faire rire les honnêtes gens », disait Molière. Ressentir le pouvoir de séduction de l’homme, mais aussi et surtout du comédien qui se lance dans la comédie. Un talent qui n’est pas donné à tout le monde. On connaît l’anecdote : passez votre tête à la fenêtre d’un train arrêté en gare ; si spontanément les gens ne rient pas, rassurez-vous, c’est tout à fait normal ; si spontanément les gens rient, c’est que vous possédez de façon innée une force qui peut faire de vous un véritable acteur comique. L’humour : un art difficile, dont Jacques Brel disait qu’il est « la forme la plus saine de la lucidité » !…

Avec les mêmes initiales que Brigitte Bardot, il aurait pu devenir une star. Il s’y est mis mais sur le tard, alors il se contente d’être une vedette locale, et ce n’est déjà pas si mal (je ne dis cette phrase que pour la rime). Il a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il allait faire de cette émission une grande séance de déconnage. Le défi en tout cas est lancé et nous avons à peu près une heure pour en faire une réalité.

Bonjour Bernard Baudour !

Les exemplaires arrivent au compte-gouttes

Mais ils arrivent ! Des petits paquets d’un à quatre livres. Autant dire que mon fournisseur aime donner du travail au facteur. Le pauvre ! Mais depuis ce mercredi, il est disponible un peu partout, chez moi et près de chez moi. (Vive le circuit court ! )

Les soldats de plomb VersoLes lecteurs de l’écervelé attendaient une suite. Ils seront servis. Les fils se dénouent. Plus de mélanges alambiqués de cerveaux dans des corps étrangers, plus de prise de tête. Non ! Édouard a retrouvé une vie presque normale aux côtés de Cathy. Il gère avec elle les intérêts de cette ONG dans le quartier de la Défense à Paris tout en s’occupant d’Anna et de Paul dont la santé mentale ne s’améliore guère.

Alors, pourquoi lire ce bouquin si tout va bien ? Du calme, l’ami ! Tu as raison, il n’y aurait pas d’aventures sans cette étrange lettre écrite par un vieux Monsieur et adressée à Édouard. Elle l’invite à retrouver les soldats de plomb de son enfance avec cette conclusion énigmatique : Hier, j’ai rencontré le martyr. Il m’a dit que derrière l’œil de la providence, l’armée des croisés le protège. 

Soldat BB

En route pour la chasse au trésor. Accompagné d’un nouveau personnage truculent, Édouard prend la direction de la Belgique (Pas encore Comines-Warneton, mais on se rapproche, … ). Trouvera-t-il les soldats de plomb ?

Qui est cette aide-soignante intrigante qui semble tout savoir de lui ? Que fera-t-il de cette effroyable vérité sur ses origines qui lui glacera le sang ?

Je n’en sais rien moi ! Arrêtez de me poser toutes ces questions !

Ah si je sais, mais je garde ça pour moi.

Alors, pas besoin d’avoir lu le premier pour lire le deuxième, mais obligé de lire le deuxième si vous avez lu le premier (vous me suivez ?)

Bonne lecture.

A Comines :

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