D’où viennent les idées ?

On me pose souvent la question : où trouvez-vous vos idées ?

Je réponds que je les trouve un peu partout : une phrase entendue dans un café, un fait divers, un article, une rencontre étrange, un souvenir d’enfance, ou simplement une question : et si… ?

À cela s’ajoute des sensations comme un malaise, une tension, une larme ou un éclat de rire.

Ensuite, j’assemble ces idées et ces sensations pour créer une histoire.

Ceci n'est pas mon bureau !

Pour L’Affaire McGill, je suis parti d’une scène de film : Souviens-toi l’été dernier. Deux jeunes en voiture renversent accidentellement un homme. Un fait banal, mais qui dérape. Cette idée est venue se greffer sur le thème du roman : la vengeance d’une femme. Le crime n’y survient pas comme un geste net, décidé, mais comme une suite d’événements qui glissent, un enchaînement de maladresses, de mauvais choix, de malchance.

La mort insiste et finit par s’imposer, presque par accident.

Ensuite seulement, j’imagine comment mes enquêteurs vont se débrouiller avec ce chaos pour en faire surgir une vérité !

Dans le roman que je termine actuellement, le mélange est un peu différent : un fait divers dramatique, et des souvenirs d’enfance. Mon imagination mélange le tout et crée une histoire qui démarre de manière spectaculaire et mystérieuse.

Chez moi, la mort n’arrive jamais seule. Elle trébuche, elle hésite, elle rate sa cible, puis revient par un autre chemin. Ce n’est pas la fatalité qui frappe. C’est la malchance qui s’acharne. Un peu comme dans la vie, où les hasards s’enchaînent, pour le meilleur comme pour le pire.

En écriture, cela revient à une mécanique simple : un drame ordinaire qui bascule vers une situation extrême. Ce glissement est essentiel. C’est lui qui rend l’histoire crédible, et souvent troublante.

Cette manière d’écrire — partir du réel pour le déformer — est au cœur de mon travail.

Et vous, comment vous viennent vos idées ?

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