Figures de style : acte 2

Zeugme et Donald Trump

Que de choses n’ont pas été dites sur le 45e président des États-Unis d’Amérique. Mais il me faut rétablir ici la vérité. Mauvais élève, il interrompit très tôt sa scolarité et une partie de tennis à cause d’un ongle incarné. Suite au décès de son père, il vola de ses propres ailes et de l’argent dans le portefeuille de sa mère. Ensuite, il joua de malchance et de la trompette le jour où on lui déroba son piano.

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Alors qu’il sirotait une limonade dans un bar sur la 11e et conscient qu’il n’était pas doué pour la musique, il reprit ses études et un sandwich au crabe. Il finit par une dame blanche et riche en se construisant des tours en béton et une solide réputation. Il tira de nombreux enseignements de cette longue expérience et sur la manche du barman pour réclamer l’addition. Il prêta serment le 20 janvier 2017, une oreille attentive à ses conseillers et cent dollars à sa sœur. Dernièrement, il paraît qu’il a descendu un important chef terroriste et un litre de whisky cul sec.

Je pense qu’ici, j’ai tiré le zeugme par les cheveux et… un joyeux portrait de Donald.

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Le zeugme est une figure de style jouissive comme une pêche un soir d’été. Voilà ce qu’en dit Le Robert : construction qui consiste à ne pas énoncer de nouveau, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine. 

Pour que ce soit plus clair, voici un exemple de Victor Hugo : L’air était plein d’encens et les prés de verdure. 

Un autre anonyme et double : il posa son chapeau, puis la question : voudriez-vous me donner l’heure et un timbre ?

Un dernier très rigolo de P. Desproges : Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.

Étonnant non ?

 

Écrire : un don sans technique…

« Un don sans technique n’est rien qu’une sale manie. » chantait Brassens à propos d’une prostituée. Il décidait donc de lui enseigner de son métier les petites ficelles. Pour paraphraser le poète qui dit qu’on ne se fait pas putain comme on se fait nonne, on ne se fait pas écrivain comme on se fait gentilhomme !

Il faut de la technique, et donc de la syntaxe, de la grammaire, du vocabulaire, de l’orthographe, de la ponctuation.

Des références, il en existe des centaines. À chacun son choix. Voici ci-dessous, celles que j’utilise, quand je renonce à créer ma propre syntaxe, mon propre vocabulaire, ma propre orthographe.

Mes ouvrages de référence :

Le Robert (Dictionnaire) dans sa version illustrée (Les images, ça détend !)
Un dictionnaire des synonymes (Pierre Ripert)
Le Robert (encore) des combinaisons (Permet de trouver le bon mot)
Le Robert Micro (Plus facile en voyage)
Le Grevisse (Le français correct)
Le Larousse Dictionnaire Orthographe (150 fiches synthétiques + toutes les règles d’orthographe)
Balade littéraire parmi les figures de style – Jean-Loup Chiflet – Mots&Caetera

Mes outils informatiques :

Le Robert correcteur
Antidote

Il y a beaucoup à dire sur ces outils et sur leurs possibilités. J’y consacrerai dans le futur un article complet.

Sur internet pour améliorer mon orthographe :

http://www.projet-voltaire.fr

Projet Voltaire

Ludique, il permet d’améliorer son orthographe en ligne. Il existe des tests gratuits avant de se lancer. Très amusant et enrichissant avec la possibilité d’obtenir des certifications.

Sur l’écriture en général :

Écrire 350 techniques d’écriture créative (Faly Stachak) chez Eyrolles
Stephen King – Écriture – Le Livre de Poche
Je teste et j’enrichis mon vocabulaire – Paul Desalmand – Marabout.

Sur l’autoédition :

La plupart des informations sont en ligne sur les sites d’autoédition ou sur des sites ou blogs d’autoédités.
J’ajoute Autoédition – Autopublication – Le guide complet ( Jérôme Verne)
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale

Voilà. Bien entendu, cela ne représente qu’une petite goutte dans une mer d’ouvrages de références. Chacun devra chercher sa propre clef pour ouvrir sa propre porte.

Figures de style – Acte 1

Anaphore et réchauffement climatique.

Je pense que le débat entre les climatosceptiques et les convaincus est sans intérêt.

Que la Terre se réchauffe à cause de l’homme ou pas, ce n’est pas le problème.

Notez, on peut la comprendre, la malheureuse ! Elle en a marre de ces parasites qui l’habitent et lui grignotent ses ressources, tuent sa faune et sa flore. Alors, pitête bien qu’elle se réchauffe la Terre et elle a raison. Les hommes n’y survivront pas. Elle en sera bientôt débarrassée. Quand les dinosaures menaçaient de la détruire, elle s’est refroidie. Elle veut bien qu’on lui grimpe sur le dos mais pas qu’on lui manque de respect. Alors, des poux qui viennent faire exploser des usines Seveso et des bombes atomiques en affirmant que ce n’est pas dangereux…

Peu importe que vous croyiez ou non que l’activité humaine influence le climat, cette question est totalement sans intérêt car…

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Image de Ralf Vetterle de Pixabay

La vraie question est : est-ce que le combat contre la pollution est légitime ?

Et la réponse est oui.

Pourquoi ?

Parce qu’il est évident que la pollution atmosphérique provoque de graves maladies.
Parce qu’il est évident que la malbouffe nous empoisonne.
Parce qu’il est évident que les nappes phréatiques polluées nous contaminent.
Parce qu’il est évident que la destruction de notre faune et de notre flore nous gangrène.
Parce qu’il est évident que la puissance des champs électromagnétiques nous intoxique.
Parce qu’il est évident que la pollution industrielle nous envenime.

Belle anaphore, n’est-ce pas ?

Du grec anaphora (ana, à nouveau et phorein, porter) l’anaphore est la répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs membres de phrases pour renforcer son propos.

Écrire : Où apprendre à écrire ?

À l’école, bien entendu!

Pour l’instant, cet endroit est encore celui où l’on apprend à écrire. Bien que cette période soit assez éloignée, je pense que ça n’a pas changé.

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De mon temps, on dessinait des courbes entre des lignes pour obtenir des lettres qui correspondaient à des sons. Ensuite on combinait les lettres pour obtenir des syllabes et des syllabes pour obtenir des mots. On créait des phrases, puis des dissertations, puis des romans.

Simple, n’est-ce pas ? Pas vraiment, en fait. Car le problème n’est pas d’aligner des mots mais de les aligner de manière à ce qu’ils forment un texte qui intéresse vos lecteurs.

Où apprend-on à écrire des textes qui plaisent aux lecteurs ?

Notre cerveau a la faculté de réagir aux stimuli de nos sens. La vue est primordiale. Quand une phrase nous stimule, nous mémorisons non seulement les mots qui la composent et même si aucun son ne sort du papier, nous entendons, dans une salle de spectacle à l’intérieur de notre cerveau, sa musique et son chant. Nous captons sa signification mais aussi son esthétique. Le dessin (dessein?) d’un paragraphe n’est pas anodin dans le processus et qui sait si la beauté des courbes d’un B ne nous attire pas plus que les droites d’un V ? (Bernard Baudour, n’est-ce pas plus joli que Valérie Trierweiler ?) Je pense aussi que ce que nous entendons enrichit notre formation. Les chansons, les discours, les débats la complètent. Comme ce que nous sentons et touchons. Une odeur de chocolat préparé par grand-mère lors d’une lecture de jeunesse et la sensation tactile d’une vieille feuille de papier jauni interviennent également dans le mécanisme créatif.

Nos textes correspondront à cette expérience sensorielle engrangée depuis notre naissance. Chacun de nous aura donc sa propre référence, son propre mélange hétérogène unique d’inspiration.

Donc convenons-en, pour écrire, il faut lire. Lire encore et toujours. Lire ce que vous aimez. Et dans une moindre mesure, écouter, toucher, sentir, manger et boire…

Le cerveau reproduira naturellement ce qu’il a appris, sans effort. Quel bonheur !

Ne rêvez pas, je déconne ! Ce sera le sujet de mon prochain article : un don sans technique n’est rien qu’une sale manie.

 

Pour mes mon fans :

Mes influences : Daniel Pennac (la saga Malaussène), Émile Zola (Germinal), Amélie Nothomb (Beaucoup !), Bernard Weber (Les fourmis), Baudelaire (La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur, elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,…), La Fontaine, Brassens, Brel, la choucroute, la Duvel et plein d’autres choses…

Je lis actuellement les misérables en y intercalant d’autres romans (Ce roman est tellement long qu’on pourrait joindre deux continents en alignant ses feuilles). La fluidité de l’écriture de Victor Hugo est pour moi une éternelle source d’inspiration.

Sans oublier Bigflo et Oli ! (De ne pas les écouter, c’est ce que je veux dire, bien entendu…)

Écrire : Le début

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Écrire la première phrase, la seule qui compte vraiment.
Sujet, verbe, complément.
Mais comment écrire ce qui suit ? Pour qui ? Pour quoi ?

Avant tout, pour soi.

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Parce qu’écrire permet l’évasion…
S’évader du quotidien, du monde dans lequel on vit, de la réalité.

 

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Mais aussi parce qu’écrire permet de se prendre pour le Roi… 
Devant la page blanche, vous êtes le Roi. Le Roi de votre univers.
Vous faites et défaites le monde. Vous avez le droit de vie et de mort sur vos sujets. Vous êtes omnipotent.

 

Mais encore parce qu’écrire permet de se soigner.
Se soigner des bobos de la vie. Des petits et des grands. De recoudre ses déchirures.

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Le canal qui relie votre main à votre cerveau traverse votre cœur. Et le liquide qui y circule irrigue vos organes, les fertilise et vous redonne goût à la vie.

Une fois, vous écrivez mais cent fois, vous vous relisez et chaque relecture vous en apprend un peu plus sur la personne que vous êtes. De même, vos lecteurs en vous lisant en apprendront un peu plus sur vous. Ils s’évaderont, se prendront pour le Roi et se sentiront mieux dans leur tête et dans leur corps.

Prochain article : où apprendre à écrire ?

Tous ensemble, soutenons nos hommes politiques pour battre le record de l’Irlande du Nord !

Le 17 février 2011, la Belgique bat le record du monde de la crise politique la plus longue. Dépassant l’Irak, la Belgique atteint à cette date les 249 jours de blocage politique. Le record sera fixé 340 jours plus tard à 589 jours avec la création du gouvernement Di Rupo.

Le 28 août 2018, l’Irlande du Nord bat le record de la Belgique avec à cette date, plus de 589 jours sans gouvernement.

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Ça ne peut plus durer.

Même si le nouveau record n’est pas homologué au Guinness Book, l’Irlande du Nord n’étant pas un état à part entière mais une nation constitutive, il n’a pas lieu de s’en laisser conter. Nos hommes politiques l’ont bien compris et c’est le pays tout entier qui se mobilise pour récupérer ce qui nous est dû.

Depuis le 21 décembre 2018, jour où le Roi a accepté la démission du gouvernement de Charles Michel, nous en sommes donc à 203 jours. C’est un bon début mais n’oublions pas qu’aux dernières nouvelles, le compteur de l’Irlande tourne toujours. Si l’Irlande formait un gouvernement aujourd’hui, nous devrions au moins viser comme objectif le 1er mai 2021. (Elle en est à 862 jours)

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Le challenge est à notre portée.

Nos hommes politiques ont prouvé par le passé leur endurance en blocage politique.

Notons aussi qu’au-delà de l’exploit sportif, cette période est toujours associée à une grande sensation de bien-être dans la population et à de nombreuses économies. Si l’on en croit les analystes, la Belgique se porte mieux sans gouvernement. Le chômage baisse même assez rapidement dans ces périodes fastes (Ex : 8,5 % lors de l’élection de juin 2010, 7 % en décembre 2011 lorsque Elio Di Rupo parvient enfin à former un gouvernement tripartite*), sans parler des indicateurs économiques qui virent au vert à chaque vacance de pouvoir.

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Faut-il dès lors considérer que nos élus sont des incapables ?

Que nenni ! La preuve : ils vont nous permettre de reprendre le flambeau que l’Irlande du Nord nous a dérobé et surtout, ils favorisent une période de croissance et de bien-être. Irons-nous jusqu’à dire qu’ils méritent une augmentation quand ils ne font rien ? La question mérite d’être posée.

Sources :
L’Express – https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/la-belgique-sans-gouvernement-se-porte-mieux-qu-avant_996839.html
« Elle tourne, et comment ! Sa croissance au premier trimestre 2011 a été supérieure à la moyenne européenne : 1 % contre 0,8 %. Elle était déjà de 2 % en 2010 (1,7 % dans la zone euro) et pourrait, selon le FMI, faire aussi bien cette année. Contre – 3 % en 2009 ! Mieux, le déficit public s’améliore : 3,6 % en 2011 et 2,8 % en 2012, contre 4,6 % en 2010. Au point qu’Yves Leterme, qui continue donc de « gérer les affaires courantes », a tweeté ce mois-ci un message goguenard : « Standard & Poor’s moins pressante. Le travail du gouvernement paie. »
*RTBF : https://www.rtbf.be/info/dossier/chroniques/detail_on-n-est-pas-bien-la-sans-gouvernement-bertrand-henne?id=10237660

 

L’édition papier se porte-t-elle si mal ?

À en croire les dernières nouvelles, l’édition papier se porte mal. Pour preuve, ces trois infos à la une cette semaine : la faillite de l’imprimerie Hélio à Charleroi (qui imprimait notamment les éditions Dupuis), le mariage en France entre Média Participations avec un groupe plutôt en difficulté (Les Éditions de La Martinière, Le Seuil, Métailié, Abrams, Knesebeck…) qui génère des tensions sociales et le journal L’humanité en éternelle perdition et qui appelle au soutien populaire pour le sauver de ce énième mauvais pas.

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Personne n’achète plus de journal ?
Personne n’achète plus de livre papier ?
Personne n’imprime plus rien ?

 

Chaque année plus de titres mais de moins en moins lus !

Bien que du côté production, le nombre d’exemplaires par titre diminue (-6,5 %)[1], le nombre de titres, lui, augmente chaque année (+1,10 %)[1] !

Cela montre la prudence des éditeurs face à un marché en décroissance mais aussi la démocratisation du secteur avec l’arrivée de petits éditeurs ou d’auteurs autoédités qui profitent de la révolution de l’impression numérique et de la diminution des coûts de production.

Or, le lecteur moyen lit de moins en moins. Ou du moins, il lit autrement. Sur les éditions gratuites, sans doute, mais aussi sur les médias numériques. Pas forcément les liseuses mais plutôt les tablettes, les smartphones et les ordinateurs où il se nourrit des réseaux sociaux et des sites d’actualités en ligne. Alors quand il achète du papier, il le fait avec parcimonie et il se tourne vers des valeurs sûres dont il connaît la prose par cœur.

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Recyclage littéraire !

Et les grands éditeurs suivent le mouvement, ils misent beaucoup sur les auteurs qui se vendent. Et donc, l’augmentation du nombre de titres ne signifie pas une plus grande créativité, au contraire, et les auteurs indépendants et les petits éditeurs ont malheureusement tendance à suivre le même schéma : publier des genres connus qui ont fait leurs preuves.

À l’image des autres secteurs de l’économie mondiale, les grands groupes se comptent sur les doigts d’une main : Hachette, Éditis, Gallimard-Flammarion et donc Médias Participations qui vient encore de s’agrandir. Ils ne se contentent plus du livre mais détiennent ou essaient de détenir tous les maillons de la chaîne : la production, la publicité, la distribution et la vente. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Voilà qui ne laisse pas beaucoup de place aux petits éditeurs, malheureusement.

Il leur reste alors à se différencier mais comment ?

Circuit court, pardi !

Des auteurs locaux dans des librairies locales, édités par des éditeurs du coin et imprimés par des imprimeurs du coin, des séances de dédicaces, des animations dans les bibliothèques et dans les centres culturels, dans les écoles (et partout où il y a de l’animation d’ailleurs !), des ateliers d’écriture, des cafés littéraires.

Et varions les genres : la littérature bien sûr, mais aussi les livres pratiques, les recueils, les livres historiques, les supports pédagogiques, les manuels techniques, les guides touristiques, etc. La liste n’est limitée que par notre imagination.

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Lisez local !

 

Source : Le monde.fr, DH.net, lexpress.fr, Rapport statistique SNE, revuenouvelle.be

[1] Chiffres SNE 2017 (Syndicat national de l’édition – France)