Quel narrateur choisir ?

La première question à se poser est : qui raconte l’histoire ?
Et souvent, la réponse semble si évidente qu’on ne se la pose pas.
Pourtant, il m’est arrivé de me tromper de point de vue et de m’en rendre compte à la fin de l’écriture d’un roman.
Et là, les amis, c’est du boulot…

Alors, je ne vais pas rentrer dans la théorie, je n’en suis pas capable.
Je préfère les exemples…

Le narrateur – Édouard – raconte son histoire.

Cathy m’a installé à la villa de la rue Max Blondat dans le très chic quartier du seizième arrondissement de Paris. Ça me change de mon appartement bruxellois de cinquante mètres carrés à la chaussée d’Ixelles. Dire que je n’y suis pas à l’aise est un euphémisme. J’éprouve beaucoup de mal à poser mon derrière et à trouver mes marques dans ces meubles luxueux. L’argent m’affole, et cela depuis toujours. J’en ignore la raison.

Dans ce premier cas, le lecteur voit le monde à travers les yeux d’Édouard. Il voit ce qu’il voit, il ressent ce qu’il ressent. Le héros partage son intimité avec le lecteur. Ce dernier entre dans la psychologie du personnage.

Le narrateur raconte l’histoire d’Édouard.

Cathy l’a installé à la villa de la rue Max Blondat dans le très chic quartier du seizième arrondissement de Paris. Ça le change de son appartement bruxellois de cinquante mètres carrés à la chaussée d’Ixelles. Dire qu’il n’y est pas à l’aise est un euphémisme. Il éprouve beaucoup de mal à poser son derrière et à trouver ses marques dans ces meubles luxueux. L’argent l’affole, et cela depuis toujours. Il en ignore la raison.

Ici aussi, le lecteur suit un personnage précis, connaît ses pensées mais pas celles des autres.
Mais l’intimité disparaît. La distance est plus importante selon ce que le narrateur choisit de révéler.

Dans les deux cas, on parlera de focalisation interne. Le lecteur connaît un point de vue : celui d’Édouard.

Et si le narrateur en savait plus que tout le monde ?

Cathy ne lui a pas encore avoué mais elle est secrètement amoureuse d’Édouard. Elle l’a installé à la villa de la rue Max Blondat dans le très chic quartier du seizième arrondissement de Paris. Ça le change de son appartement bruxellois de cinquante mètres carrés à la chaussée d’Ixelles. Dire qu’il n’y est pas à l’aise est un euphémisme. Il éprouve beaucoup de mal à poser son derrière et à trouver ses marques dans ces meubles luxueux. L’argent l’affole, et cela depuis toujours. Il en ignore la raison. Robert, l’homme à tout faire de la maison, pense que c’est une très mauvaise idée, mais il se garde bien de le dire.

Cette fois, le narrateur dévoile les sentiments de Cathy pour Édouard et ceux de Robert, l’homme à tout faire, tout cela dans la même scène : on parlera alors de focalisation zéro ou omnisciente. Le narrateur sait tout sur tout le monde.

Ce type de narration devient vite périlleux à maîtriser. Je préfère, lorsque j’utilise plusieurs points de vue, les isoler dans des chapitres distincts. La théorie parlera alors de focalisation interne multiple.

Oui, je sais… ça se complique un petit peu. Et ce n’est pas fini.

Le narrateur en sait moins que ses personnages !

Mais il a une grande qualité : il est observateur !

S’il y a focalisation interne et focalisation zéro, il nous manque la focalisation… externe.
Voici ce que ça donne :

Cathy ne cesse de s’enquérir sur ses moindres besoins et lui envoie des sourires aguicheurs à chaque fois qu’elle le rencontre. Installé à la villa de la rue Max Blondat dans le très chic quartier du seizième arrondissement de Paris, Édouard a dû demander à Cathy plusieurs fois où se trouvait sa chambre. Il habitait précédemment un appartement à Bruxelles de cinquante mètres carrés à la chaussée d’Ixelles. Quand il croise Robert, l’homme à tout faire de la maison, ce dernier baisse les yeux sans lui adresser la parole.

L’histoire est racontée par un observateur qui ignore tout de ce que pensent ses personnages. Il ne décrit que ce qui est visible de l’extérieur. Des gestes, des paroles, des déplacements, des expressions, des actions. Sans jamais décrire les pensées ou les sentiments des personnages. On parlera de focalisation externe.

En conclusion.

Souvent on combine, on mélange, on fait à sa mode avec tout ce bazar.😉
L’essentiel étant de garder de la lisibilité et de la cohérence.

Si vous voulez en savoir plus : un article sur la perspective narrative que j’ai trouvé assez accessible de Jean Kaempfer & Filippo Zanghi, Section de Français de l’Université de Lausanne

https://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/pnarrative/pnintegr.html#pn020000

Et vous, qu’en pensez-vous ?

D’où viennent les idées ?

On me pose souvent la question : où trouvez-vous vos idées ?

Je réponds que je les trouve un peu partout : une phrase entendue dans un café, un fait divers, un article, une rencontre étrange, un souvenir d’enfance, ou simplement une question : et si… ?

À cela s’ajoute des sensations comme un malaise, une tension, une larme ou un éclat de rire.

Ensuite, j’assemble ces idées et ces sensations pour créer une histoire.

Ceci n'est pas mon bureau !

Pour L’Affaire McGill, je suis parti d’une scène de film : Souviens-toi l’été dernier. Deux jeunes en voiture renversent accidentellement un homme. Un fait banal, mais qui dérape. Cette idée est venue se greffer sur le thème du roman : la vengeance d’une femme. Le crime n’y survient pas comme un geste net, décidé, mais comme une suite d’événements qui glissent, un enchaînement de maladresses, de mauvais choix, de malchance.

La mort insiste et finit par s’imposer, presque par accident.

Ensuite seulement, j’imagine comment mes enquêteurs vont se débrouiller avec ce chaos pour en faire surgir une vérité !

Dans le roman que je termine actuellement, le mélange est un peu différent : un fait divers dramatique, et des souvenirs d’enfance. Mon imagination mélange le tout et crée une histoire qui démarre de manière spectaculaire et mystérieuse.

Chez moi, la mort n’arrive jamais seule. Elle trébuche, elle hésite, elle rate sa cible, puis revient par un autre chemin. Ce n’est pas la fatalité qui frappe. C’est la malchance qui s’acharne. Un peu comme dans la vie, où les hasards s’enchaînent, pour le meilleur comme pour le pire.

En écriture, cela revient à une mécanique simple : un drame ordinaire qui bascule vers une situation extrême. Ce glissement est essentiel. C’est lui qui rend l’histoire crédible, et souvent troublante.

Cette manière d’écrire — partir du réel pour le déformer — est au cœur de mon travail.

Et vous, comment vous viennent vos idées ?

L’Affaire Verhaege

Nouveauté 2024 !

Une nouveauté ? Pas vraiment mais peut-être bien une innovation. Il s’agit de mon roman « L’Affaire McGill » qui se déroule aux U.S.A. adapté à la sauce belge et à la région de Comines-Warneton.

Le lieu du crime, les noms des personnages ont été modifiés mais l’intrigue reste identique. J’ai d’abord pensé que cette idée était totalement saugrenue. Puis je me suis dit que pendant trente années, j’avais copié des morceaux de codes informatiques en y changeant quelques instructions, quelques noms de champs pour créer de nouveaux programmes. Copier, coller : tout un univers. Je me suis souvenu d’Andy Wharol, cet artiste américain qui reproduisait des Marilyn Monroe en de nombreux exemplaires dans lesquels il modifiait les couleurs en créant à chaque fois un nouvel original. Si lui pouvait le faire, pourquoi pas moi ? L’impression numérique permet de procéder de la même manière avec le roman. Il suffit de quelques changements de lieux et de noms de personnages, d’adapter un tantinet quelques détails locaux et nous voilà revenus de l’autre côté de l’atlantique. Pour que cela fonctionne, il faut néanmoins que nos univers se ressemblent. Et c’est le cas, à cause ou grâce à la mondialisation.

Que vous ayez lu le roman US ou pas, vous passerez un bon moment en compagnie du commissaire Doucet et de son adjointe Louise Bertrand !

L'Affaire Verhaege

En vente en ligne en version papier et en version numérique

En vente au prix de 14,99€

Et sur commande, dans toutes vos librairies locales. N’hésitez pas à leur demander de prendre contact directement avec moi ou via leur base de données du livre.

Bonne lecture !

L’Affaire McGill

Rien de nouveau à l’ouest ? Que nenni ! Un polar écrit pendant la période de pandémie qui sortira dans le courant du mois de novembre 2022, si tout va bien. L’occasion de respecter la tradition avec la véritable fausse interview.

Couvertue McGill

Très à l’ouest…

Après quatre années sans nouveau livre, le mois de novembre 2022 verra enfin pour l’Europe, la sortie de mon nouveau roman, L’Affaire McGill, un Thriller palpitant ayant pour décor l’Ohio et la ville d’Ashland dans le Midwest des États-Unis

Découvrez en exclusivité ci-dessous l’interview accordée au Ashland Independent Journal et à son journaliste littéraire Bob Woodward qui m’a reçu en juillet de cette année dans ses locaux sur Main Street, pour la sortie nationale de mon roman aux États-Unis.

Bob Woodward (Ashland Independent Journal)

Bienvenue Bernard Baudour à Ashland et merci pour cette exclusivité avec la sortie de votre dernier roman, L’Affaire McGill, qui se situe dans notre bel état de l’Ohio, entre Ashland, Columbus et Cleveland. Je rappelle votre parcours, vous êtes Belge, vous avez déjà publié trois romans qui ont connu un véritable succès auprès du grand public, vous êtes un auteur apprécié sur le vieux continent, vous aimez les boulets à la liégeoise – vous nous expliquerez ça (Rires) – et la bière.

Pourquoi, et vous avez mille fois raison car c’est un grand honneur pour notre communauté, pourquoi avoir choisi Ashland comme décor de ce thriller ?

Bernard Baudour
Bonjour Bob et d’abord, merci de me recevoir.

BW C’est moi.

BB Non, c’est moi.

BW Non, c’est moi, je vous assure.

BB OK, c’est vous. (Rires). J’avais envie de changer d’air. Vous savez, les trois années que nous venons de traverser n’ont pas été de tout repos, surtout en Europe. Nous subissons maintenant les contrecoups de la pandémie ainsi que ceux de la guerre en Ukraine. J’ai pensé que les grands espaces me permettraient de m’évader et permettraient à mes lecteurs de faire de même. J’ai choisi cette région pour la proximité des grands Lacs, des chutes du Niagara, et aussi parce qu’elle n’était pas trop éloignée de New York et de Washington, les lieux où ont vécu les deux policiers principaux de cette affaire McGill.

BW Parlons-en de cette affaire McGill dont les critiques sont dithyrambiques. Je ne citerai que le Woshington Post : « Bernard Baudour nous offre un polar brillant, captivant et sans fioritures » et le Tumes :  « Son écriture est magnifique, à la fois ample, nerveuse, précise, ciselée, saccadée… On dirait un grand classique américain, presque du Faulkner ! »
Pas mal pour un petit belge non ?

BB Vous savez, oui ça fait plaisir, même si une critique n’est jamais objective, chaque lecteur ressentant des choses différentes pour un même livre.

BW Disons quand même que c’est bon signe. (Rires)

Photo de Main Street à Ashland dans l'Ohio
Main Street Ashland – Ohio

L’histoire donc se déroule à Ashland où est retrouvé, un matin, le corps sans vie d’un avocat en vue, Everett McGill écrasé par un train de marchandises. Au début, on retrouve des indices importants qui font penser au suicide mais très vite, les conclusions du Coroner penchent vers la thèse du meurtre. On ne quitte plus alors les deux enquêteurs, le Shérif Sam Coolidge et son adjointe Marge Gunderson et leurs relations que je peux qualifier de tumultueuses pour aller jusqu’au dénouement surprise de ce thriller passionnant.

Ce qui frappe surtout, c’est la maîtrise avec laquelle vous nous emmenez dans un monde sans certitude, ni blanc ni noir mais gris, à l’image de cette superbe première de couverture. Un homme qui marche dans la brume, cet homme pourrait être l’avocat McGill marchant vers son destin, mais il pourrait être chacun d’entre nous. Est-ce cela votre recette, jouer avec l’ambiguïté de vos personnages, ni vraiment bons, ni vraiment mauvais, toujours entre les deux, parfaitement imparfaits ?

BB C’est exact. Personne n’est totalement blanc ou totalement noir. On a tendance à l’oublier quand on n’écoute que les infos en continu. On a trop tendance à nous présenter une vision manichéenne du monde où l’on désigne les gentils et les méchants. Le monde est complexe et comme disait un ami à moi, méfions-nous du bon sens. Tout n’obéit pas au bon sens, malheureusement. Je pense que c’est pour cela que j’ai voulu m’éloigner le plus possible du roman psychologique, même si ce genre de roman est quelque chose que j’apprécie beaucoup en tant que lecteur et aussi en tant qu’auteur. Mais cette fois, j’ai voulu ne m’attacher qu’aux faits, qu’aux actions des personnages et pas à ce qu’ils pensent, pas à leurs angoisses, leurs justifications, leurs indécisions. Je n’ai pas voulu les juger, dévoiler leur vérité que d’ailleurs je ne connais pas et qu’eux-mêmes ne connaissent pas. Je me suis dit, voyons comment le shérif Cooldige se débrouille avec les éléments tangibles qu’il a à sa disposition. Voyons aussi comment il vit sa vie d’homme célibataire, quelles sont ses relations avec son adjointe, Marge, une Afro-Américaine au tempérament de feu, ultra-professionnelle, et ultra-femme du vingt et unième siècle.

Train de la Railway Company - Ohio
Train de marchandises de la Railway Company – Ohio

BW Parlons-en des femmes de ce roman. Elles sont omniprésentes. L’adjointe du shérif vous le disiez, mais aussi la femme du maire, la secrétaire de l’avocat, l’amie de la femme du maire, sont autant de portraits croqués au couteau de ces femmes d’aujourd’hui, rebelles et révoltées contre le machisme encore bien présent dans l’Ohio que vous décrivez. Vous avez clairement choisi votre camp.

BB Vous savez, je ne sais plus qui disait : les tueurs en série sont toujours des hommes, jamais des femmes. Les femmes ne tuent jamais sans une très bonne raison. Alors oui, j’ai choisi le camp des femmes, celles qui sont battues, bafouées, violées, tuées et qui souffrent encore tous les jours et pas seulement dans des pays lointains mais aussi chez nous en Belgique et chez vous, dans l’Ohio. Je ne les trahis pas, je n’écris pas ce qu’elles pensent. Je répète simplement ce qu’elles disent et je décris leurs passages à l’acte, leurs décisions, pour le meilleur et pour le pire. Mais tout cela n’apparaît qu’à la digestion, si on prend le temps de regarder un peu plus loin au-dessus de mon épaule. Sinon, à la première lecture, cela reste un pur Thriller à énigme, avec pas mal de femmes, oui, mais un Thriller.

BW Chez vous, c’est finalement toujours la femme qui domine au propre comme au figuré, comme cette scène assez torride entre Marge et Sam dans la villa de Cleveland au bord du lac Erie.

BB Marge veut prendre le dessus sur la vie et sur les hommes de sa vie. Et l’on peut dire qu’elle s’y prend plutôt bien. Cette parade amoureuse, totalement instinctive entre deux êtres qui s’attirent détourne le regard du lecteur. C’est le genre de break qui existe dans la vraie vie.

BW Vos personnages masculins ne manquent pas non plus de piquant. Je pense surtout à l’autre avocat, William Cox Senior : l’avocat le plus célèbre du barreau de Columbus.

BB Oui, celui-là me fait beaucoup rire. Il est digne, très classe, très british dans son attitude, rien ne l’énerve, même pas son fils qu’il doit sortir de prison. Tout problème trouve sa solution et surtout, tout cas désespéré est une aubaine pour un brillant avocat tel que lui. Grand ami du gouverneur, sa carrière ne connaîtra pas de limite. Je l’adore.

BW Vous semblez bien connaître la région. Le nom des rues et même la description des maisons sont tout à fait exactes. Vous êtes venu souvent à Ashland et à Cleveland ?

BB Jamais ! C’est la première fois. Je travaille un peu comme un grand auteur de chez nous, Hergé, le papa de Tintin qui se documentait énormément sur les pays où il faisait voyager son héros. Avec beaucoup plus de facilité que lui. Maintenant, la technologie nous permet de voyager à distance sans bouger les fesses de son fauteuil. Mais je suis heureux d’être ici, chez vous. Demain j’irai à Cleveland devant la villa de McGill pour voir si ma description n’est pas trop éloignée de la vérité. (Rires)

BW Je suis certain que vous êtes dans le bon et je ne peux que conseiller aux lecteurs de se précipiter sur votre roman : L’Affaire McGill avec ce sous-titre qui ne dit rien et qui dit tout, Suicide à Ashland. Aux éditions « Of The Mont », notre éditeur de Cleveland qui multiplie les Best Sellers ces dernières années. Une dernière question : quelle est la recette des Boulets à la Liégeoise ?

BB C’est une recette belge de la région de Liège. De la viande hachée porc et bœuf avec laquelle on façonne à la main des boulettes en y ajoutant un peu de pain, d’œufs, de lait, d’échalotes, d’ail, d’oignons selon vos envies. Tout cuit dans une sauce base oignon avec des raisins secs, du lard, des oignons et du sirop de Liège et certainement de la bière, j’allais oublier. C’est une tuerie mais sans tueur. (Rires).

BW Un tout grand merci. Je rappelle votre ouvrage : « L’Affaire McGill » aux éditions « Of The Mont »

BB C’est moi.

BW Non, c’est moi.

BB OK, c’est vous !

Figures de style : acte 3

Oxymore et confinement

Que ce confinement s’éparpille ! Les hésitations de nos dirigeants ressemblent à un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit. Nos gouvernants se hâtent avec lenteur comme des fous normaux aussi efficaces qu’un silencieux tintement de clochettes autour du cou des vaches.

cow-245690_1920

Car leurs décisions affichent une orgueilleuse faiblesse. Mais souvenons-nous que cette libre servitude, nous l’avons choisie. Nos élus ont voté des pouvoirs spéciaux qui nous enferment aujourd’hui dans une liberté recluse. Pour notre bien… mais que ce bien nous fait mal !*

Un oxymore est une figure de style qui consiste à allier deux mots de sens contradictoires pour renforcer son propos. Il y en a 10 dans ce texte car « le bien qui fait mal » serait plutôt une antithèse, non ? Mais oui, on s’en fout ! 🙂

Étonnant non ?

Oxymores attribués à Hugo, La Fontaine, Camus, Desproges, Robbe-Griller, et Racine, et d’autres illustres inconnus, dont votre serviteur.

Figures de style : acte 2

Zeugme et Donald Trump

Que de choses n’ont pas été dites sur le 45e président des États-Unis d’Amérique. Mais il me faut rétablir ici la vérité. Mauvais élève, il interrompit très tôt sa scolarité et une partie de tennis à cause d’un ongle incarné. Suite au décès de son père, il vola de ses propres ailes et de l’argent dans le portefeuille de sa mère. Ensuite, il joua de malchance et de la trompette le jour où on lui déroba son piano.

trump-2815558_1920

Alors qu’il sirotait une limonade dans un bar sur la 11e et conscient qu’il n’était pas doué pour la musique, il reprit ses études et un sandwich au crabe. Il finit par une dame blanche et riche en se construisant des tours en béton et une solide réputation. Il tira de nombreux enseignements de cette longue expérience et sur la manche du barman pour réclamer l’addition. Il prêta serment le 20 janvier 2017, une oreille attentive à ses conseillers et cent dollars à sa sœur. Dernièrement, il paraît qu’il a descendu un important chef terroriste et un litre de whisky cul sec.

Je pense qu’ici, j’ai tiré le zeugme par les cheveux et… un joyeux portrait de Donald.

corruption-2727571_1280

Le zeugme est une figure de style jouissive comme une pêche un soir d’été. Voilà ce qu’en dit Le Robert : construction qui consiste à ne pas énoncer de nouveau, quand l’esprit peut les rétablir aisément, un mot ou un groupe de mots déjà exprimés dans une proposition immédiatement voisine. 

Pour que ce soit plus clair, voici un exemple de Victor Hugo : L’air était plein d’encens et les prés de verdure. 

Un autre anonyme et double : il posa son chapeau, puis la question : voudriez-vous me donner l’heure et un timbre ?

Un dernier très rigolo de P. Desproges : Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane.

Étonnant non ?

 

Écrire : un don sans technique…

« Un don sans technique n’est rien qu’une sale manie. » chantait Brassens à propos d’une prostituée. Il décidait donc de lui enseigner de son métier les petites ficelles. Pour paraphraser le poète qui dit qu’on ne se fait pas putain comme on se fait nonne, on ne se fait pas écrivain comme on se fait gentilhomme !

Il faut de la technique, et donc de la syntaxe, de la grammaire, du vocabulaire, de l’orthographe, de la ponctuation.

Des références, il en existe des centaines. À chacun son choix. Voici ci-dessous, celles que j’utilise, quand je renonce à créer ma propre syntaxe, mon propre vocabulaire, ma propre orthographe.

Mes ouvrages de référence :

Le Robert (Dictionnaire) dans sa version illustrée (Les images, ça détend !)
Un dictionnaire des synonymes (Pierre Ripert)
Le Robert (encore) des combinaisons (Permet de trouver le bon mot)
Le Robert Micro (Plus facile en voyage)
Le Grevisse (Le français correct)
Le Larousse Dictionnaire Orthographe (150 fiches synthétiques + toutes les règles d’orthographe)
Balade littéraire parmi les figures de style – Jean-Loup Chiflet – Mots&Caetera

Mes outils informatiques :

Le Robert correcteur
Antidote

Il y a beaucoup à dire sur ces outils et sur leurs possibilités. J’y consacrerai dans le futur un article complet.

Sur internet pour améliorer mon orthographe :

http://www.projet-voltaire.fr

Projet Voltaire

Ludique, il permet d’améliorer son orthographe en ligne. Il existe des tests gratuits avant de se lancer. Très amusant et enrichissant avec la possibilité d’obtenir des certifications.

Sur l’écriture en général :

Écrire 350 techniques d’écriture créative (Faly Stachak) chez Eyrolles
Stephen King – Écriture – Le Livre de Poche
Je teste et j’enrichis mon vocabulaire – Paul Desalmand – Marabout.

Sur l’autoédition :

La plupart des informations sont en ligne sur les sites d’autoédition ou sur des sites ou blogs d’autoédités.
J’ajoute Autoédition – Autopublication – Le guide complet ( Jérôme Verne)
Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale

Voilà. Bien entendu, cela ne représente qu’une petite goutte dans une mer d’ouvrages de références. Chacun devra chercher sa propre clef pour ouvrir sa propre porte.

Figures de style – Acte 1

Anaphore et réchauffement climatique.

Je pense que le débat entre les climatosceptiques et les convaincus est sans intérêt.

Que la Terre se réchauffe à cause de l’homme ou pas, ce n’est pas le problème.

Notez, on peut la comprendre, la malheureuse ! Elle en a marre de ces parasites qui l’habitent et lui grignotent ses ressources, tuent sa faune et sa flore. Alors, pitête bien qu’elle se réchauffe la Terre et elle a raison. Les hommes n’y survivront pas. Elle en sera bientôt débarrassée. Quand les dinosaures menaçaient de la détruire, elle s’est refroidie. Elle veut bien qu’on lui grimpe sur le dos mais pas qu’on lui manque de respect. Alors, des poux qui viennent faire exploser des usines Seveso et des bombes atomiques en affirmant que ce n’est pas dangereux…

Peu importe que vous croyiez ou non que l’activité humaine influence le climat, cette question est totalement sans intérêt car…

industry-1761801_1920
Image de Ralf Vetterle de Pixabay

La vraie question est : est-ce que le combat contre la pollution est légitime ?

Et la réponse est oui.

Pourquoi ?

Parce qu’il est évident que la pollution atmosphérique provoque de graves maladies.
Parce qu’il est évident que la malbouffe nous empoisonne.
Parce qu’il est évident que les nappes phréatiques polluées nous contaminent.
Parce qu’il est évident que la destruction de notre faune et de notre flore nous gangrène.
Parce qu’il est évident que la puissance des champs électromagnétiques nous intoxique.
Parce qu’il est évident que la pollution industrielle nous envenime.

Belle anaphore, n’est-ce pas ?

Du grec anaphora (ana, à nouveau et phorein, porter) l’anaphore est la répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs membres de phrases pour renforcer son propos.

Écrire : Où apprendre à écrire ?

À l’école, bien entendu!

Pour l’instant, cet endroit est encore celui où l’on apprend à écrire. Bien que cette période soit assez éloignée, je pense que ça n’a pas changé.

Cahier d'écriture
De mon temps, on dessinait des courbes entre des lignes pour obtenir des lettres qui correspondaient à des sons. Ensuite on combinait les lettres pour obtenir des syllabes et des syllabes pour obtenir des mots. On créait des phrases, puis des dissertations, puis des romans.

Simple, n’est-ce pas ? Pas vraiment, en fait. Car le problème n’est pas d’aligner des mots mais de les aligner de manière à ce qu’ils forment un texte qui intéresse vos lecteurs.

Où apprend-on à écrire des textes qui plaisent aux lecteurs ?

Notre cerveau a la faculté de réagir aux stimuli de nos sens. La vue est primordiale. Quand une phrase nous stimule, nous mémorisons non seulement les mots qui la composent et même si aucun son ne sort du papier, nous entendons, dans une salle de spectacle à l’intérieur de notre cerveau, sa musique et son chant. Nous captons sa signification mais aussi son esthétique. Le dessin (dessein?) d’un paragraphe n’est pas anodin dans le processus et qui sait si la beauté des courbes d’un B ne nous attire pas plus que les droites d’un V ? (Bernard Baudour, n’est-ce pas plus joli que Valérie Trierweiler ?) Je pense aussi que ce que nous entendons enrichit notre formation. Les chansons, les discours, les débats la complètent. Comme ce que nous sentons et touchons. Une odeur de chocolat préparé par grand-mère lors d’une lecture de jeunesse et la sensation tactile d’une vieille feuille de papier jauni interviennent également dans le mécanisme créatif.

Nos textes correspondront à cette expérience sensorielle engrangée depuis notre naissance. Chacun de nous aura donc sa propre référence, son propre mélange hétérogène unique d’inspiration.

Donc convenons-en, pour écrire, il faut lire. Lire encore et toujours. Lire ce que vous aimez. Et dans une moindre mesure, écouter, toucher, sentir, manger et boire…

Le cerveau reproduira naturellement ce qu’il a appris, sans effort. Quel bonheur !

Ne rêvez pas, je déconne ! Ce sera le sujet de mon prochain article : un don sans technique n’est rien qu’une sale manie.

 

Pour mes mon fans :

Mes influences : Daniel Pennac (la saga Malaussène), Émile Zola (Germinal), Amélie Nothomb (Beaucoup !), Bernard Weber (Les fourmis), Baudelaire (La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur, elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,…), La Fontaine, Brassens, Brel, la choucroute, la Duvel et plein d’autres choses…

Je lis actuellement les misérables en y intercalant d’autres romans (Ce roman est tellement long qu’on pourrait joindre deux continents en alignant ses feuilles). La fluidité de l’écriture de Victor Hugo est pour moi une éternelle source d’inspiration.

Sans oublier Bigflo et Oli ! (De ne pas les écouter, c’est ce que je veux dire, bien entendu…)

Écrire : Le début

write-593333_1920

Écrire la première phrase, la seule qui compte vraiment.
Sujet, verbe, complément.
Mais comment écrire ce qui suit ? Pour qui ? Pour quoi ?

Avant tout, pour soi.

bird-3879179

 

 

Parce qu’écrire permet l’évasion…
S’évader du quotidien, du monde dans lequel on vit, de la réalité.

 

king-1304612_1920


Mais aussi parce qu’écrire permet de se prendre pour le Roi… 
Devant la page blanche, vous êtes le Roi. Le Roi de votre univers.
Vous faites et défaites le monde. Vous avez le droit de vie et de mort sur vos sujets. Vous êtes omnipotent.

 

Mais encore parce qu’écrire permet de se soigner.
Se soigner des bobos de la vie. Des petits et des grands. De recoudre ses déchirures.

the-stones-263661_1920

Le canal qui relie votre main à votre cerveau traverse votre cœur. Et le liquide qui y circule irrigue vos organes, les fertilise et vous redonne goût à la vie.

Une fois, vous écrivez mais cent fois, vous vous relisez et chaque relecture vous en apprend un peu plus sur la personne que vous êtes. De même, vos lecteurs en vous lisant en apprendront un peu plus sur vous. Ils s’évaderont, se prendront pour le Roi et se sentiront mieux dans leur tête et dans leur corps.

Prochain article : où apprendre à écrire ?