S’il est des titres que l’on peut recycler à l’envi, celui-ci en est un. J’ai en effet passé un bon moment au côté de mon ami Fabien lors de cette émission sur notre radio locale Libellule 107.8 FM ce lundi 12 novembre 2018. C’est avec une certaine appréhension que je me suis présenté aux studios, juste après le déjeuner, un peu groggy par la digestion d’un repas pris à la hâte mais motivé par l’idée d’en découdre. À quelle sauce allais-je être mangé ? Comment allais-je me laisser happer par cet habile intervieweur et brillant orateur qu’est Fabien Dumont ? Parviendrait-il à mettre en lumière, à la façon du Caravage, les coins les plus obscurs de mon tableau ? Et surtout de quoi allions-nous bien pouvoir parler, ma vie n’intéressant a priori que moi et encore ?

Le filou commença par me lancer quelques fleurs, insistant sur ce tournant dans ma carrière professionnelle qui m’a permis de m’épanouir dans le théâtre et l’écriture. Son panégyrique pourra me servir d’oraison funèbre, sans conteste, et je conseille à mes enfants d’en prendre soin pour le ressortir au moment où la camarde m’aura rattrapé. À la fin de ce discours d’ouverture, je compris que j’aurais du mal à me cacher derrière des entourloupes salvatrices et que pour satisfaire le bonhomme, j’aurais à enlever quelques couches d’oubli (pas toutes) qui protègent ma mémoire. Ce coquin aborda ma prime jeunesse et mon adolescence, cherchant sans doute à soulever d’affreux scandales ou à réveiller de sombres compromissions. Il n’en fut rien – hélas pour la canaille et fort heureusement pour moi – et je sus garder secrètes mes plus ténébreuses affaires. Un tube maladroitement détruit, quelques anecdotes bancales sur de primes amourettes et un concert raté furent tout ce que je lui mis sous la dent. J’exagère : il y eut bien quelques confessions sur mes réussites sentimentales et sur l’intime conviction que j’ai qu’il faut rester soi-même, peut-être parce que j’ai trop cherché à être un autre. Que ce secret découvert tardivement permet de séduire, même si parfois on doute ou si rien ne vient en retour : le plaisir de faire ce que l’on aime supplante toutes les déconvenues.
Alors oui, merci pour ce moment et pour votre talent, Monsieur Dumont ! Car il sied de vouvoyer son interlocuteur. Et bravo pour cette émission Entre Nous bimensuelle qui mérite de se brancher sur libellule FM ce que je ferai dorénavant un lundi sur deux entre 14h et 15h.
Voilà cette brillante introduction…
« Entre nous » – Émission du 12 novembre 2018
Invité : Bernard Baudour
Refuser une vie trop pépère, top linéaire, trop ennuyeuse, trop monotone, trop « petite bourgeoise ». Donner un grand coup de balai, claquer la porte, tourner la page, prendre un virage à 180 degrés. Oser changer, même si c’est par la force des choses. Changer d’amour, de métier, de maison, et même de loisirs. Changer de costume. Être différent tout en restant le même, fidèle à soi. Bifurquer sans dérailler. Explorer de nouveaux horizons sans bouger de chez soi. Se découvrir des dons qu’on ne soupçonnait pas. Devenir artiste – peut-être un peu par hasard ? Créer soudain. Se jeter pour de vrai dans le monde de l’édition et dans celui du théâtre. Écrire des romans, monter sur les planches et incarner pour du faux des personnages haut en couleur. Faire les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux. Faire du mieux que l’on peut, et faire de mieux en mieux. Progresser. Commencer peut-être bien à avoir une certaine ambition ? Sourire, puis faire rire. Puis sourire pour faire rire. « C’est une étrange entreprise que de faire rire les honnêtes gens », disait Molière. Ressentir le pouvoir de séduction de l’homme, mais aussi et surtout du comédien qui se lance dans la comédie. Un talent qui n’est pas donné à tout le monde. On connaît l’anecdote : passez votre tête à la fenêtre d’un train arrêté en gare ; si spontanément les gens ne rient pas, rassurez-vous, c’est tout à fait normal ; si spontanément les gens rient, c’est que vous possédez de façon innée une force qui peut faire de vous un véritable acteur comique. L’humour : un art difficile, dont Jacques Brel disait qu’il est « la forme la plus saine de la lucidité » !…
Avec les mêmes initiales que Brigitte Bardot, il aurait pu devenir une star. Il s’y est mis mais sur le tard, alors il se contente d’être une vedette locale, et ce n’est déjà pas si mal (je ne dis cette phrase que pour la rime). Il a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il allait faire de cette émission une grande séance de déconnage. Le défi en tout cas est lancé et nous avons à peu près une heure pour en faire une réalité.
Bonjour Bernard Baudour !

Les lecteurs de l’écervelé attendaient une suite. Ils seront servis. Les fils se dénouent. Plus de mélanges alambiqués de cerveaux dans des corps étrangers, plus de prise de tête. Non ! Édouard a retrouvé une vie presque normale aux côtés de Cathy. Il gère avec elle les intérêts de cette ONG dans le quartier de la Défense à Paris tout en s’occupant d’Anna et de Paul dont la santé mentale ne s’améliore guère.









Une nouvelle aventure ? Oui ! Mais cette fois pas celle de mon héros, Édouard Desbois, mais la mienne. Lisez la suite pour en apprendre un peu plus.
Il faut savoir qu’un éditeur touche au alentour de 14 % du prix d’un livre TTC. L’auteur touchera au minimum 8 %. Le reste s’envole dans la fabrication, la diffusion, la distribution, la librairie et la TVA. Selon l’ouvrage, un éditeur doit vendre plus ou moins 3 500 livres pour retrouver son investissement. Vous comprendrez aisément qu’ils hésitent à publier un nouvel auteur et pourquoi vous avez beaucoup de mal à trouver un éditeur.
Alors voilà, c’est magnifique. Vous avez donné naissance à des personnages de fiction et parfois même à un monde nouveau rempli de créatures sombres ou affriolantes à qui vous avez offert un destin, du relief et même une vie, avez tapé plus de 80000 mots sur votre ordinateur, vous les avez subtilement combinés pour former des phrases, vous avez respecté des règles ancestrales pleines d’exceptions pour satisfaire à la bienséance qui prévaut en matière d’orthographe, ce qui vous a demandé un an à raison de cinq heures par jour, six jours par semaine. Mais ce n’est pas fini, vous ne tenez pas encore votre livre en main ! Il faut encore relire, améliorer, se critiquer, dessiner votre couverture, mettre en page, trouver un imprimeur ou une plate-forme d’autoédition, assurer la diffusion et la distribution.











