La fable d’Esope

Dans ma mémoire, elle me joue parfois des tours, je pensais que l’histoire de la chèvre de M. Seguin (A. Daudet. 1840-1897) avait pour morale : « À force de crier au loup à tort, on finit par ne plus être secouru quand le loup est vraiment là ». Je l’ai relue la semaine dernière et ce n’est pas tout à fait le sujet. La chèvre, malgré leChevres avertissements de son berger, M. Seguin, s’échappa de son enclos et parcourut, libre, les pâturages, pour voir si l’herbe y était meilleure. Elle fut mangée par le loup. La morale est : « Mieux vaut être enfermé et en sécurité que libre et en danger ».

Et c’est un sujet d’actualité : préférez-vous des contrôles renforcés qui vont restreindre vos libertés et accroître votre sécurité ou préférez-vous la liberté et le danger ?

chevre1La fable qui troublait mes souvenirs nous vient d’Ésope (Inventeur des fables, 600 av. J.-C. ! ) : le garçon qui criait au loup. C’est l’histoire d’un jeune berger qui s’amusait à appeler les gens du village au secours en faisant croire que son troupeau était attaqué par un loup. Il finit par être discrédité et le jour où le loup vint, personne ne le sauva et il fut dévoré.

Ésope nous rappelle notre actualité et notre histoire. Moi, j’ai commencé à me méfier en 1989, avec l’affaire de Timisoara. Les médias criaient au loup : 70.000 morts découverts dans un charnier, des morts dus à un dictateur (hier reçu en grande pompe par tous les dirigeants du monde). Vaste mise en scène. Et plus tard, rappelez-vous les armes de destructions massives. On nous appelait au secours pour faire la guerre à cet abominable Saddam Hussein. La guerre a eu lieu, mais on n’a jamais trouvé d’armes de destructions massives. Et l’histoire se répéta avec Khadafi et se répète aujourd’hui : Les Turques s’enrichissent du trafic de pétrole grâce à l’EI, les Russes soutiennent Bachar el-Assad, L’Arabie Saoudite soutient l’EI, les Américains soutiennent l’Arabie Saoudite…

Mais où est la vérité ? Existe-t-elle seulement ? Pourquoi me prenez-vous à témoin ?

Bien entendu que ces abominables dictateurs méritent leur sort. Comme d’autres sans doute qui dominent encore d’autres endroits de la terre. L’homme exerce son pouvoir au détriment de l’homme. Mais s’il vous plait, médias, ne criez plus au loup pour rien. On sait depuis longtemps qu’il est dans la bergerie et qu’il n’est pas seul. Vérifiez vos infos. Car moi, je suis devenu comme ces villageois, je ne crois plus le berger qui m’appelle au secours et je le regrette.

Votre avis… Réagissez…

Elle s’appelle Ruby

Hier, j’ai vu un film amusant : « Elle s’appelle Ruby ». (Ruby Sparks – Titre original)

20217764Ce film raconte la vie d’un écrivain, Calvin, qui, après avoir écrit un best-seller, a beaucoup de mal à trouver l’inspiration pour un deuxième roman. Il décide  finalement de raconter la vie d’un personnage féminin, Ruby, qui est pour lui, la femme idéale. Un matin, cette création de fiction prend vie et se retrouve dans la maison de Calvin, amoureuse de l’auteur. Plus question d’écrire une nouvelle ligne sans bouleverser la vie réelle de Ruby. Que doit faire l’écrivain, profiter de sa puissance de créateur et jouer avec les sentiments de celle qui l’aime ou lui révéler la vérité ?

Zoe Kazan, qui a écrit ce scénario, s’attaque de façon habile aux rapports de forces dans le couple. Par la comédie et avec cette entourloupe magique, l’apparition dans la vie réelle d’un personnage de roman, elle montre habilement qu’on ne doit pas changer l’autre mais plutôt le respecter, avec ces différences, ces qualités et ces défauts.

J’ai retrouvé des petits airs de Woody Allen dans cette comédie légère. Les deux réalisateurs, Jonathan Dayton et Valeris Faris, sont d’ailleurs des cinéastes indépendants. Ils ont réalisé un premier film – LITTLE MISS SUNSHINE – qui est, paraît-il, un bijou du cinéma que je vais m’empresser de voir.

J’espère pour ma part que mon Robbie Smith ne va pas se retrouver un matin, sur le pas de ma porte, pour me demander des comptes… j’y réfléchirai à deux fois avant de créer mes personnages!

Un cerveau dans un bocal

La pensée n’est-elle que l’émanation d’une réaction purement chimique ? Une sorte de gaz psychique ? Pourrions-nous, in vitro, réaliser cette matière ayant les caractéristiques et le fonctionnement de notre pensée ? Notre esprit hors de notre corps et dans un bocal, voilà une immortalité peu enviable. Voyez plutôt l’article paru dans l’express (lien) où l’on explique que des chercheurs ont réussi à recréer un cerveau en laboratoire. Heureusement, il paraît que cette « chose » n’a pas de conscience, mais comment ont-ils pu vérifier?  Ça fait froid dans le dos, non ?

Stress et angoisse

Ça y est, c’est parti, le livre est sorti. Que de stress et d’angoisse ! Comment va-t-il être reçu ? Que vont penser mes lecteurs ? Tant de questions que je me pose et que mon estomac a beaucoup de mal à dénouer. Il est comme un ballon de foot dégonflé, tordu par la dépression de l’air. Pour soigner tout ça, je vais vite me remettre au boulot. Le théâtre avec la troupe Arc-En-Ciel où il me faudra absorber un long texte pour les premières représentations de novembre et en parallèle le prochain roman qui commence à me remplir la tête. Une fin d’année qui s’annonce riche. Une petite pensée pour terminer : « Tous les alcooliques ne sont pas des écrivains, mais est-ce que l’inverse est vrai ?« . J’attends vos commentaires.