Nouveau roman : L’écervelé

L’interview exclusive !

Bonjour Bernard Baudour.

Bonjour.

Un an après Robbie Smith qui est resté 30 ans en gestation, vous annoncez la sortie de votre prochain roman : l’écervelé. Vous accélérez le rythme ? 

ecervele-couvertureOui. En effet. (Rires.) J’avais l’idée de ce roman depuis longtemps.

C’est l’histoire d’un garçon qui se retrouve dans le corps d’un autre à la suite de manipulations. Le cerveau, les nanotechnologies, les neurosciences. Vous n’avez pas peur de vous attaquer à des sujets trop complexes ? 

Non, mon roman ressemble plus à une grosse blague qu’à un traité de sciences médicales.

Pourtant vous y dénoncez les savants et les progrès de la science. 

Dénoncer : c’est un grand mot. Mais ce qui est certain, c’est que si vous ne vous occupez pas de la science, elle s’occupera de vous. Je ne fais pas de complexe d’infériorité par rapport aux scientifiques. Je ne suis pas sûr qu’ils nous apportent toujours un monde meilleur. Demandez aux Japonais d’Hiroshima ce qu’ils pensent de la découverte de l’atome.

Selon vous, les savants sont responsables de l’usage qui est fait de leurs découvertes ? 

Je ne sais pas d’ailleurs qui suis-je pour juger ? Tout jugement condamne celui qui le prononce. Mais quand je vois le résultat, je me pose des questions. Je pense qu’un employé de bureau, un commerçant, un ouvrier, un agriculteur tue moins de personnes qu’un scientifique et il en sauve moins aussi. Je suis un vrai sceptique, sans doute.

Dieu apparaît en filigrane dans votre roman, êtes-vous croyant ?

Difficile de parler de savants qui essayent de rendre l’homme immortel sans aborder le sujet de Dieu. Je fais dire à un de mes personnages que Dieu est une solution aussi plausible pour l’origine du monde que le Big Bang. Les scientifiques nous expliquent d’ailleurs que leurs théories ont une date de péremption : elles ne sont valables que jusqu’au moment ou une autre théorie les remplace. À l’heure actuelle, ils semblent d’accord avec le Big Bang, demain peut-être seront-ils contents avec Dieu?  Alors oui, je m’intéresse à Dieu comme je m’intéresse au Big Bang. Je ne ferme aucune porte.

Le thème du livre, c’est le transhumanisme ? 

Vous êtes fous ! Vous voulez faire peur à mes lecteurs ! (Rires.) Sérieusement, j’ai découvert ce mot après avoir terminé mon livre. Le transhumanisme est avant tout un mouvement intellectuel. Ce sont des gens qui prônent l’usage des sciences afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Pour eux, la nature humaine n’est plus immuable. Alors oui, effectivement, c’est exact : mon livre aborde le transhumanisme, mais de très loin et à travers un roman distrayant.

Mais pensez-vous que le progrès soit responsable de tous nos maux contemporains ?  

Non, bien entendu. Le progrès nous a apporté des tas de bonnes choses. Mais je me pose des questions. Peut-on tout automatiser et supprimer des milliers d’emplois ? Peut-on créer un cerveau artificiel ? Peut-on donner à l’homme l’immortalité ? Peut-on « cryogéniser » des corps ? Je ne possède pas la réponse, mais j’aimerais que l’on en débatte.

ecervele-quatriemeOn est devenu très sérieux, pourtant votre histoire allie la cocasserie, les gags et l’émotion avec des rebondissements à chaque chapitre. Vous affectionnez ce style rapide et léger ? 

J’écris avec des phrases courtes. C’est déjà assez difficile comme ça. (Rire.) Plus sérieusement, notre monde va vite, les gens ne lisent plus, ils se nourrissent d’images. Je cours avec eux pour les rattraper en essayant de les distraire autrement sans les souler.

Vous avez opté pour l’auto-édition. Par dépit ou par conviction ? 

En France, sur 5000 manuscrits, 7 ou 8 sont sélectionnés par les maisons d’édition par an. Je ne leur propose pas mes manuscrits. C’est un gain de temps, de papier et d’énergie pour tous les deux. Je suis un écrivain « éco-responsable ».

N’est-ce pas un manque de confiance en vous ?  

Peut-être. C’est vrai qu’en vieillissant, j’ai tendance à ressembler à ce Jean Gabin qui chantait « Je sais qu’on ne sait jamais ». Mais si l’on regarde le passé, jusqu’au 18e siècle, il n’y avait pas d’éditeurs et les écrivains se débrouillaient pour publier leurs ouvrages. Ils pratiquaient déjà de l’auto-édition. Même si ça ressemble à une démarche « 2.0 » ce n’est pas du tout moderne.

Votre ancien métier, l’informatique, vous aide pour l’auto-édition?

C’est exact que je me débrouille avec ces outils, ce qui me permet de mettre en page, de créer ma couverture, d’assurer ma promotion. Je profite des forums d’entraide, de la plateforme de mon imprimeur et de nombreuses applications informatiques, qui vont de la correction au design de la couverture. Je comprends maintenant très bien pourquoi un éditeur vous prend quatre-vingt-cinq pour cent !

Vos lecteurs attendent avec impatience la sortie de votre livre. Pouvez-vous leur donner une date ? 

J’avais promis une sortie à la fin de l’année, mais comme je ne suis jamais content de moi, j’effectue sans arrêt des retouches. Aujourd’hui, je peux vous annoncer que « L’écervelé » sera disponible le 16 janvier 2017.

D’autres projets ensuite ?

Oui, j’aimerais écrire un conte moderne sur notre monde. Le voyage d’un naïf dans notre société industrialisée.

Beau programme. On attend cela avec impatience, mais avant précipitez-vous sur « L’écervelé » qui sortira en librairie début 2017. Un bon moment de détente en perspective.

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