D’où viennent les idées ?

On me pose souvent la question : où trouves-tu tes idées ?

Est-ce parce que j’ai beaucoup joué seul quand j’étais enfant ? Que je me suis inventé des jeux, des histoires, des personnages ? Est-ce un don ?

Je pourrais répondre que tout vient de l’imagination. Ce serait confortable. Et faux. Alors, je préfère dire que je ne sais pas. La vérité, c’est que les idées sont partout. Une phrase entendue dans un café, un fait divers, un article, une rencontre étrange, un souvenir d’enfance, ou simplement une question : et si… ?

L’imagination ne crée pas à partir de rien. Elle transforme. Elle assemble des fragments du réel, des émotions, des images accumulées au fil des années. Parfois, ce n’est même pas une idée. C’est une sensation. Un malaise diffus. Une tension. Quelque chose d’inachevé. Parfois, au contraire, c’est une idée précise. Alors on y revient. On tourne autour. On creuse. Et un jour, sans prévenir, cela prend forme.

Ceci n'est pas mon bureau !

Pour L’Affaire McGill, je suis parti d’une scène de film : Souviens-toi l’été dernier. Deux jeunes en voiture renversent accidentellement un homme. Un fait banal, mais qui dérape. Cette idée est venue se greffer sur le thème du roman : la vengeance d’une femme. Le crime n’y survient pas comme un geste net, décidé, mais comme une suite d’événements qui glissent. Un enchaînement de maladresses, de mauvais choix, de malchance. La mort insiste. Et finit par s’imposer, presque par accident. Ensuite seulement, j’imagine comment mes enquêteurs vont se débrouiller avec ce chaos pour en faire surgir une vérité.

Dans le roman que je termine actuellement, le point de départ est similaire : un thème, et une scène d’ouverture forte. Quelque chose de spectaculaire et mystérieux. Chez moi, la mort n’arrive jamais seule. Elle trébuche, elle hésite, elle rate sa cible, puis revient par un autre chemin. Ce n’est pas la fatalité qui frappe. C’est la malchance qui s’acharne. Un peu comme dans la vie, où les hasards s’enchaînent, pour le meilleur comme pour le pire.

En écriture, cela revient à une mécanique simple : un drame ordinaire qui bascule vers une situation extrême. Ce glissement est essentiel. C’est lui qui rend l’histoire crédible. Et souvent troublante.

J’y reviendrai sans doute dans d’autres articles.
Cette manière d’écrire — partir du réel pour le déformer — est au cœur de mon travail et de mon prochain roman qui sortira en septembre 2026.

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